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Dix questions à Willy Cretegny, vigneron et initiateur du référendum «Stop huile de palme», Extrait du livre : Le libre-échange remis en cause de Willy Cretegny avec la collaboration de Laurent Hutinet et Yvan Falys, Éditions Jouvence, 2021.

La tendance au libre-échange est-elle une lame de fond ?

Ce n’est en rien certain. Le développement du libre-échange date de la fin de la Deuxième Guerre mondiale, mais les pays du Sud et les organisations populaires ont à de multiples occasions réussies à contrôler la fuite en avant.

Les accords de libre-échange sont-ils pris au nom des peuples ?

Pas du tout. Ces accords sont négociés dans le plus grand secret avec le soutien actif des firmes multinationales. C’est une atteinte fondamentale à la démocratie et à la souverai-neté des peuples.

Faut-il vraiment développer le commerce international ?

Certainement pas. Les dégâts écologiques liés aux trans-ports maritimes et aériens sont déjà majeurs et menacent de s’aggraver si la course en avant se poursuit. Il faudrait au contraire relocaliser les économies.

Que signifie « supprimer les obstacles aux échanges » ?

Cela veut dire mettre fin aux droits de douane, mais surtout à tout ce qui s’oppose aux échanges internationaux : normes sanitaires, sociales, environnementales, appellations d’origine contrôlées, etc. Une course au moins-disant social et écologique.

Faut-il vraiment libéraliser les services ?

Surtout pas. Les accords de libre-échanges actuels ne mettent pas de frontière claire entre services publics et services privés, ce qui met en péril des secteurs d’intérêt général tels que la distribution de l’eau, la protection sociale ou l’éducation, entre autres.

Le libre-échange permet-il de mieux arbitrer les conflits ?

Non, pas du tout. Le libre-échange institue une justice internationale privée devant laquelle peuvent être déférés les États souverains lorsqu’ils prennent des décisions d’intérêt général. Ce sont de plus des procédures sans appel.

Que signifie vraiment « protéger les investissements ? »

Cela veut dire en pratique mieux traiter les investisseurs internationaux que les entreprises nationales. Les firmes multinationales peuvent en particulier réclamer des contre-parties financières lorsque des politiques locales s’opposent à leurs intérêts.

Le libre-échange favorise-t-il l’essor des économies ?

Rien n’est moins certain. L’ouverture des frontières se traduit souvent par la disparition de secteurs économiques entiers et le gain global en termes d’activité économique n’est absolu-ment pas prouvé.

Le libre-échange promeut-il le développement durable ?

C’est hélas le contraire. Les traités de libre-échange ne prennent pas en compte le climat et la biodiversité de façon contraignante et les attaques contre les réglementations écologiques locales font souvent reculer le droit environnemental.